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Regard critique sur le Disquaire Day...

 
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zanedog


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MessagePosté le: Ven 21 Avr - 19:27 (2017)    Sujet du message: Regard critique sur le Disquaire Day... Répondre en citant

http://www.telerama.fr/musique/la-grogne-monte-contre-le-disquaire-day-chez-les-independants-et-les-defenseurs-du-vinyle,157043.php
La grogne monte contre le Disquaire Day chez les indépendants et les défenseurs du vinyleL' ambition est noble : ramener la consommation musicale au niveau local, pour contrer la vampirisation du marché par les grands distributeurs, les revendeurs en ligne et les plateformes de streaming. Lancé en 2007 par des magasins indépendants américains, le Record Store Day (Disquaire Day en français) veut donc, selon les mots de ses organisateurs, « célébrer et promouvoir la culture unique des disquaires ». Une espèce menacée, qui nourrit inébranlablement l'appétit insatiable des audiophiles et les fantasmes d'auteurs en quête de personnages affranchis. Mais certains de ses représentants se sentent désormais dépossédés d'un événement qu'ils se représentaient comme une proposition artistique, autant qu'un combat pour leur corporation.Car en dix ans, la « journée des disquaires » est devenue une vraie marque, au point de faire l'objet en novembre 2015 d'une déclinaison pour le Black Friday, jour saint du consumérisme américain. L'opération est immanquable pour les disquaires : outre-Atlantique, le Record Store Day représente deux à trois semaines de chiffre d'affaires normal et leur offre une importante visibilité. En France, la journée représente « environ 5 000 euros de bénéfices » pour Florian Schall, co-gérant de La Face cachée, magasin de quatre salariés implanté à Metz depuis treize ans, ou « trois à quatre fois le chiffre d'un samedi normal, soit la plus grosse journée de l'année » pour Nicolas Le Gourrierec, à la tête de MusicFearSatan, spécialisé dans le punk et le metal à Paris.
En 2016, les ventes de vinyles ont dépassé le milliard de dollars, un record depuis trente ans. Sur une seule année, elles ont augmenté de 26 % aux États-Unis, 53 % au Royaume-Uni et même 72 % en France. Au point que depuis quelques années, l’industrie aux abois semble y avoir vu une faille dans laquelle s'engouffrer pour faire un maximum de profits à court terme. Après l'avoir abandonné pendant vingt ans, les majors sont revenus au microsillon avec peu de délicatesse, y voyant un moyen de capitaliser sur leur catalogue en sortant des albums à 25 voire 35 euros – environ 30 % plus cher que l'équivalent CD. En s'emparant ainsi du vinyle, qui vit un retour en grâce mais reste extrêmement minoritaire dans les méthodes d'écoute des consommateurs, elles font aujourd'hui courir le risque de tuer une deuxième fois le format qui leur ramène de l’argent, comme ce fut le cas les décennies précédentes avec le CD et le mp3.

Cette récupération pose problème aux indépendants, eux qui ont gardé le support en vie durant ses deux décennies de quasi hibernation, de 1990 à 2010. « Les productions intéressantes des labels indépendants sont noyées dans les rééditions sans intérêt que proposent aujourd'hui les majors, ces mêmes majors qui, il y a dix ans, n'en avaient absolument rien à foutre du vinyle, déplore Florian Schall de La Face cachée. Les prix sont totalement débiles : 19 euros pour un 45 tours, sérieux c'est ça, la fête du disquaire indépendant ? » Aux États-Unis, les majors ont souvent été accusés d'utiliser le Record Store Day pour user jusqu'à la corde la discographie de leurs poids lourds (Beatles, Bowie, Springsteen, Prince, U2…) via des pressages « exclusifs » de singles, maxis, lives, best-of, faces B mis en vente à des prix indécents et parfois toujours disponibles dans leur édition d'origine. « On a la même chose ici avec les disques hors de prix des dinosaures du rock, des rééditions de maxis des Buggles ou de Johnny », soupire le disquaire messin.
L'arrivée impromptue des éléphants du disque à une soirée à laquelle ils n'étaient pas invités a transformé aux yeux de certains la fête de quartier en gigantesque foire. L'an dernier, Justin Bieber et les classiques de Walt Disney figuraient parmi les disques proposés outre-Atlantique. « Il n'y a plus de vision artistique, fulmine Jean-Baptiste Guillot de Born Bad Records, référence des labels indépendants hexagonaux qui, pour la première fois, ne sort rien lors du Disquaire Day cette année. À quoi ça sert de presser en vinyle l'album d'Aqua ? [Les interprètes de Barbie Girl font partie de la sélection française de cette année, NDLR.] On fait face à un fétichisme de l'objet comme si on faisait une fête de la cafetière ou du canapé. Sans la culture qui va avec, c'est un bien manufacturé comme un autre. Les gens qui viennent pour ces disques-là en font des mausolées et ne deviendront pas des clients chez les disquaires. » Pour David Godevais, directeur du Club action des labels indépendants français (Calif) qui organise le Disquaire Day de bout en bout, l'événement ne peut pas se passer de certaines références qui servent de locomotives : « Chaque année, Johnny Hallyday sort un single pour l'occasion et c'est tous les ans le disque le plus vendu. Ce ne sont pas des clients réguliers qui l'achètent, mais si ça permet de capter un peu de gens en plus, c'est bon à prendre. » Xavier Randrianasolo, un des deux associés de Total Heaven, boutique généraliste ouverte à Bordeaux en 1996, corrobore ce sentiment tout en se défendant d'opportunisme. « C'est clair que le retour à la mode nous fait vivre. Pour autant, on continue à proposer les sorties de labels comme Light In The Attic ou Superior Viaduct mais ça fait beaucoup moins parler. »
Ça bouchonne dans les bacs, ça bouchonne à l'usine
Les maisons de disques et les gros artistes ont-ils éclipsé les indépendants, qui devaient au départ en profiter ? Si Total Heaven entend bien profiter du « focus une fois par an sur les disquaires » que permet cette journée dans une conjoncture difficile et si MusicFearSatan se refuse à « cracher dans la soupe », Jean-Baptiste Guillot de Born Bad y voit un coup manqué. « Les disquaires n'auraient jamais dû laisser les majors revenir dans leurs bacs à vinyles : ils nous ont spoliés. Quoiqu'il arrive, ils nous baiseront toujours. » Le Parisien gouailleur cite notamment une opération « vinyles à 10 euros » sur des rééditions invendues organisée actuellement par les majors auprès de plusieurs boutiques… mais aussi des grandes surfaces. « Ça brouille effectivement le message et c'est ridicule », abonde David Godevais du Calif. Au squattage des bacs s'ajoute une occupation accrue des tapis roulants des usines de pressage. La demande a dépassé la capacité de production actuelle, peu renouvelée depuis la substitution du CD au vinyle. Les sorties « mainstream » bouchonnent les usines de pressage de vinyles pour les sorties indépendantes ordinaires. Il y a une vingtaine d’usines aux États-Unis, quasiment le même nombre en Europe (dont trois en France) et toutes ont des délais d'attente de trois à six mois. Le Français MPO, en Mayenne, a battu son record de production mensuel pour l'édition de 2015 avec 980 000 vinyles pressés. Le Disquaire Day et Noël sont devenus les deux moments-clés de l’année pour l’industrie et les petits labels ont la fenêtre entre les deux pour sortir leurs disques. D'où de nombreux retards, ce qui n'est pas sans conséquence sur la promotion du disque et son succès.
Lassés de voir leurs sorties repoussées à cause d’une énième réédition du Take On Me de A-Ha en picture disc, plusieurs disquaires et labels indépendants britanniques se sont d'ailleurs retirés du Record Store Day pour créer leurs propres opérations. Dans une lettre ouverte intitulée « Pourquoi le Disquaire Day est en train de mourir », ils protestent contre « l'événement marketing » qu'il est devenu. Un homologue américain, qui avait signé un manifeste similaire en 2014, trouve que les choses vont même en empirant. « Presser et livrer des disques requiert l'utilisation de ressources non-renouvelables, nous explique Joe Steinhardt de Don Giovanni Records. Même si je pense que l'art est un bien meilleur usage de ces ressources que la plupart des autres choses pour lesquelles elles sont consommées, les sorties du Record Store Day ne représentent pas du tout l'art mais plutôt le type de consumérisme le plus gaspilleur. »
Une galère logistique
Après s’être stabilisé en 2015 et 2016, le nombre de magasins français participants a de nouveau augmenté cette année (226 contre 208 l'an passé). « Bien sûr : le Calif file aussi des subventions pour les adhérents, justifie le disquaire messin Florian Schall. Du coup, quand tu ouvres ton magasin ou que tu n'es pas encore adhérent, c'est avantageux de t'y inscrire et de participer à l'événement. » Nicolas Le Gourrierec, seul pour tenir la baraque chez MusicFearSatan, déplore que les indépendants tout entier dévoués au vinyle neuf ne soient pas récompensés. « Certaines boutiques de fringues comme Colette ou des concept stores éphémères comme Fargo participent comme si c'était la journée de la boucherie et que tout le monde voulait être boucher. » David Godevais, qui sélectionne lui-même les points de vente participants et y répartit les disques, répond que pour être « le plus juste possible », il favorise justement les boutiques spécialisées et ouvertes à l'année dans l'accès aux références du Disquaire Day.
La participation à la journée n'est pourtant pas une partie de plaisir : les disquaires doivent passer une énorme commande entre leurs habituels achats hebdomadaires auprès des distributeurs, commande qui peut monter jusqu’à cinq chiffres pour les plus grosses boutiques voulant acquérir des exclusivités. Pour certains, de telles commandes peuvent les amener à doubler leur inventaire. Un casse-tête qui ne garantit aucun jackpot : « On n'est jamais sûr de recevoir ce que l'on a commandé, on a toujours la surprise un jour à peine avant l'événement », raconte le gérant associé de La Face cachée. La durée de vie des sorties du Disquaire Day est par ailleurs beaucoup plus limitée qu’un pressage ordinaire : non seulement les disques ne peuvent être retournés aux distributeurs, mais leur valeur décroît très rapidement une fois les festivités terminées.
Citation:
“La version d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec les premières éditions.”


La Face cachée participe au Disquaire Day depuis son lancement en France. L'année dernière, ses deux gérants ont failli laissé tomber. « Les disques sont beaucoup trop chers et pas assez intéressants, avance Florian Schall. Mais on s’est dit qu’on pouvait être pédagogue et expliquer notre démarche tout en participant. En 2016, nous avions acheté environ 500 pièces dans la liste du Disquaire Day pour un budget de 7 000 euros. Cette année, nous avons commandé deux fois moins. Je trouve que la version qu'on en propose aujourd'hui n'a plus rien à voir avec les premières éditions et leur volonté louable de donner un beau coup de projecteur sur les labels et disquaires indépendants. »
Le Disquaire Day a le mérite d'avoir eu du succès. Pour qu'il n'en soit pas la première victime, il serait légitime d'entamer une réflexion afin de le recentrer d’avantage sur les lieux de vente, comme le suggérait son nom, que sur les produits. Peut-être permettrait-il alors de préserver de façon pérenne le travail des gourous des bacs à disques, si l'on ne veut pas que leur destin imite celui du Vernon Subutex de Virginie Despentes.


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MessagePosté le: Ven 21 Avr - 19:27 (2017)    Sujet du message: Publicité

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Inscrit le: 15 Mar 2011
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MessagePosté le: Sam 22 Avr - 16:08 (2017)    Sujet du message: Regard critique sur le Disquaire Day... Répondre en citant

c'est drôle de parler de Vernon Subutex de Virginie Despentes . Le nom du magasin de disque du héro du livre est : "Revolver "
c'est le magasin de disques incontournable de Barcelone qui participe au records store day chaque année. Virginie Despente a vécu a 3 ans  a Barcelone.
c'est là que j'ai acheté mes disques ce matin et contrairement à celui du livre ,ce magasin et son petite frère situé à quelques mêtres se portent à merveille !



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MessagePosté le: Aujourd’hui à 11:50 (2017)    Sujet du message: Regard critique sur le Disquaire Day...

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