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J'ai entendu un truc sur David Bowie
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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Manofmusic Index du Forum -> David Bowie -> J'ai entendu un truc sur David Bowie
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lunamagic
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MessagePosté le: Ven 6 Fév - 12:45 (2015)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie Répondre en citant


jeu, 05/02/2015 - 11:41, par Nicolas Mollé

10 reprises inoubliables sur scène

La reprise est un art réservé aux grands. Mais cet exercice fait aussi vibrer des générations d'amoureux de la musique. Elle permet de mettre à jour les correspondances qui font toute la richesse et la complexité du rock. De Nirvana à Bowie en passant par Krafwerk, NTM ou Jean-Louis Costes, voici un début d'inventaire de reprises qui méritent le détour sur scène.

On aurait pu en choisir 20, 30, 40. Car ce qui donne son sel à la musique et constitue un ciment entre les fans de rock à travers les âges, c'est bien la reprise, geste culte parmi les gestes cultes. Voici dix réinterprétations capables de prendre toute leur dimension sur scène.

"Cactus" de The Pixies par David Bowie



Lorsqu'il choisit de reprendre, à 55 ans, sur son album "Heathen" de 2002, un classique juvénile et fougueux de The Pixies, David Bowie s'offre un bain de jouvence. Le titre est extrait de "Surfer Rosa", premier album des Pixies produit par Steve Albini.

Un album aux guitares électriques hispanisantes oscillant entre cavalcades à sombreros rabattus et ballades écrasées par un soleil de plomb. David Bowie se réapproprie "Cactus", redevient un jeune rockeur plein d'aplomb le temps de quelques couplets où son chant se fait tour à tour lysergique et goguenard.

"The man who sold the world" de David Bowie par Nirvana



David Bowie peut clairement dire merci à Nirvana. Sans sa reprise de "The man who sold the world", il est probable qu'une grande partie du public, en particulier américain, n'aurait jamais connu ce titre du britannique Bowie. Une chanson tirée de l'album de 1970 du même nom, relativement peu connu, disque des premiers accoutrements féminins de Bowie.

Kurt Cobain avait d'ailleurs pris l'habitude régulière d'apparaître habillé en robe lorsque Nirvana se produisit pour un "MTV Unplugged in New York", fin 1993. Quoi de mieux pour rendre grâce aux talents d'auteur-compositeur du petit punk Cobain et à son filet de voix falsetto d'hypersensible que cet enregistrement acoustique, parfait écrin folk ? Ultime paradoxe : "The man who sold the world" est considéré comme charnière vers un virage électrique dans la discographie de David Bowie.

Concert Live


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MessagePosté le: Ven 6 Fév - 12:45 (2015)    Sujet du message: Publicité

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lunamagic
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MessagePosté le: Ven 6 Fév - 21:41 (2015)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie Répondre en citant


Tony Visconti - Tony Visconti: 'David Bowie Has No Interest In Singing Old Albums'

by WENN | Music / Festivals | 06 February 2015

Musician Tony Visconti avoided asking his close pal David Bowie to join him on an upcoming tour as he knew the veteran star would refuse.

Visconti has worked as a producer on several Bowie albums, including his 2013 comeback The Next Day, and he is preparing to hit the road to perform the Thin White Duke's 1970 classic The Man Who Sold The World in full later this year (15).

He has enlisted former Spiders from Mars drummer Woody Woodmansey to join him for the shows, but he also recruited Heaven 17 frontman Glenn Gregory to sing as he knew Bowie would have no interest in getting onstage to perform his old songs.

Visconti tells NME magazine, "I wouldn't have gotten a Bowie soundalike, because that would be disrespectful. I had to get someone who could reinterpret the songs... I haven't spoken to him, but he certainly wouldn't do The Man Who Sold The World - he'd do something new. I'm not saying he's going to do anything, though. He's not going to perform!"

Contactmusic.com


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lunamagic
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MessagePosté le: Ven 6 Fév - 21:54 (2015)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie Répondre en citant


The Best Piece Of Trivia You Learned This Week: David Bowie Edition

February 05, 201510:54 AM ET

What's the best piece of trivia you learned this week? Share it with us on Facebook or Twitter, and we'll figure out whether it's true or false.

Did David Bowie really invent Connect Four? Or did our listener completely make this up? Find out in the latest edition of The Best Piece of Trivia You Learned This Week.

Heard in Teen Angstagrams

NPR





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lunamagic
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MessagePosté le: Sam 7 Fév - 09:46 (2015)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie Répondre en citant





A Long Q&A with Eddie Murphy: 'SNL,' Making Reggae Music, Hanging Out with Bowie and Michael Jackson's Spirit

By Jeff Weiss | February 06, 2015 1:58 PM EST

Reached by telephone, Murphy was basking in the good news, amidst work on a second reggae single. Slated to return to SNL for its 40th Anniversary Special on Feb. 15, the erstwhile Axel Foley spoke to Billboard about hip-hop, hanging out with David Bowie and Michael Jackson in the 1980s, and his plans for the future.

You were friends with David Bowie at the time too. What do a 1985 Eddie Murphy and a 1985 David Bowie do when they hang out?

I never was friendly with Bowie like the same way that I was friends with [James]. We hung out a couple times.

One time, he came onto the set of Beverly Hills Cop II because he was friends with the director, Tony Scott. We were watching the Oscars that night and he came over and watched it with me. He was super normal.

One time we were playing at the Montreaux Jazz Festival and afterwards we were hanging out at this chalet there and I was in the back playing piano alone--and then out of nowhere, I hear this voice saying [in perfect Bowie imitation], "I didn't know you played the piano." And then I look up and it's Bowie, and it was only he and I alone in the room.

I tell you what, I'm a really big Bowie fan and if I'm around someone like that, I don't know how much I'm taking it all into my memories. I was starstruck and really only remembered little flickers of it.

Billboard


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lunamagic
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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 15:01 (2015)    Sujet du message: Rock & Folk - 555 disques Répondre en citant




ROCK & FOLK
HORS-SERIE N°30
DECEMBRE 2014 - JANVIER 2015

555
DISQUES


1954-2014
soixante ans de rock'n'roll






David Bowie
"THE RISE AND FALL OF ZIGGY STARDUST AND THE SPIDERS FROM MARS"
RCA - 1972

Cet album-là, évidement, c'est assez compliqué d'en parler calmement, avec toute sa et les oreilles neutres. On peut ergoter, lui préférer "Hunky Dory" pour sa légèreté plus virevoltante, sa pop bancale. Mais en cherchant bien, pour titiller les fanatiques, il subsiste tout de même un ou deux étrons déposés sur les trottoirs du premier chef-d’œuvre de l'Anglais dandy. Sur "Ziggy ...", justement, il n'y a rien à jeter. Comme sur "Transformer", son frère siamois, réalisé par la même équipe de britons surinspirés. Autant le dire donc, "Ziggy Stardust .. ." est un phénomène, un travail traumatisant de perfection et de cohérence qui aura secoué une génération entière de citoyens de sa Majesté, et notamment ceux en gestation du punk puis de la vague dite froide. Tout, et notamment le pire, était là pour accrocher : un look atroce, pseudo Louis XIV décadent, et une histoire débile. L'histoire consternante de Ziggy Poussièredétoile et ses Araignées de Mars, messie rocker se suicidant de manière christique, passe pour une vraie chanson de geste. n faut les entendre, pourtant, ses inepties, pour y croire. On a rarement entendu pareilles fadaises ... Entre "le temps prend une cigarette et te la met dans la bouche" (hein?), et le délire nucléaire apocalyptique de supérette ("Five Years"), toutes les pires âneries SF sont passées en revue. Mais pour l'auditeur francophone, justement, il s'agit de ne pas laisser passer sa chance. L'occasion est rêvée de ne pas entendre cette verroterie futuriste, et de se concentrer sur la phonétique, le phrasé et la musique. Mick Ronson est partout, concevant son instrument comme un orchestre, signant des arrangements de cordes auxquels les branle-panneaux de Queen n'ont jamais rien compris, suintant des solos érotiques ("Moonage Daydream"), pêchant la surprise au gros, récoltant la trouvaille comme autant de champignons. De son côté, le chanteur signe des mélodies à se pendre, oscillant entre le théâtre ("Rock'n'Roll Suicide", "Lady Stardust", "Five Years") et le rock and roll pré-punk - Steve Jones a dû utiliser la rythmique cochranienne de "Suffragette City" sur la quasi-totalité de "Never Mind The Bollocks"- tout en chantant comme une vraie salope. Et puis, ne serait-ce que pour le morceau-titre, cet album est rigoureusement incontournable.
NICOLAS UNGEMUTH




Mott The Hoople
"ALL THE YOUNG DUDES"
CBS - 1972

Si certains considèrent qu'une bonne production est synonyme de transparence propre à laisser un groupe, un artiste et sa musique respirer, David Bowie, lorsqu'il daigna consacrer un peu de temps à la réalisation d'autres disques que les siens, les vampirisa totalement pour un meilleur que seuls certains fans désemparés qualifièrent de pire. Ainsi, "Transformer" de Lou Reed (qu'il déteste) ou "The Idiot" d'Iggy Pop (qu'il adore mais à quel prix ?) sont deux monuments de musique moderne enregistrés à contrecœur mais pas vraiment contre nature, puisque leur production révèle précisément des aspects insoupçonnés de la personnalité de leurs auteurs. Le cas Mott The Hoople est plus spécieux. Quand début 1972, Bowie potine pour que son manager s'occupe de lan Hunter et sa clique, c'est parce qu'ils le fascinent ("n avait peur de nous", précise lan aujourd'hui). A la différence de Lou Reed et Iggy Pop qu'il admire en tant qu'artistes, Bowie sait que le groupe anglais, laissé exsangue par trois albums raw rock sous la coupe de Guy Stevens, a plus besoin de vraies chansons que de fioritures. "All The Young Dudes", futur hymne glam, et "Sweet Jane", reprise vivement suggérée, feront l'affaire et sortiront momentanément de l'ornière ce groupe hirsute et graisseux qui, des frisures de son chanteur à sa façon d'ouvrir les bières, captive le Zig. Régénéré par tant d'attention, Mott The Hoople va donner toute la mesure de son frugal mais bien réel talent : "Momma's Little Jewel" (son piano délinquant ...) et "Jerkin' Crocus" (...son synthé follasse) sonnent comme des Stones un Dylan grande gueule à leur tête. "One Of The Boys", rock de bravoure en trois accords éculés mais pourfendeurs bien assimilés par les frères Gallagher, rase la table. Convaincu que les événements se retourneront vite contre eux, le guitariste Mick Ralphs abandonne l'impériale "Ready For Love" (qui évolue en suite prog-rock arpégée), construite autour d'un riff d'anthologie (comme il en éprouvera d'autres avec Bad Company), épaissi par Mick Turbo Ronson et quelques souffles lourds de saxo bowien. "Sea Diver" de Hunter seul, ode indolente ironiquement située en fin d'album, laisse entrevoir l'avenir solo et forcément précaire d'un rocker fier.
JEROME SOLIGNY




Lou Reed
"TRANSFORMER"
RCA - 1972

Dès le titre et les poses affectées, datées, de la pochette, l'affaire semble pliée d'avance: "Transformer" sera la chronique précise, le catalogue sans concession des perversions et déviances new-yorkaises telles que se les représentent les gens qui ne veulent voir en Lou Reed que l'ange déchu du premier Velvet Underground, une pauvre créature warholienne abandonnée à son triste sort par le grand artiste, voire un groom de musée des (petites) horreurs. La confusion des genres et des rôles est d'ailleurs totale avant même que ne débutent les séances : promoteur du projet, David Bowie est trop futé pour croire en ces clichés, mais ses fortunes récentes l'éblouissent et il se verrait bien dans l'avantageuse position du sauveur, tandis que Reed soutiendrait celle plus humble du rescapé reconnaissant ... C'était bien mal connaître Louis, plus raide de la nuque que par l'absorption des substances qu'il analyse si finement mais laisse volontiers à la discrétion d'autrui, et plus habile manipulateur qu'il ne paraît : oui, il va le leur cracher, son baratin de foire des nuits chaudes pour touristes en goguette sur la 42e rue, avec fouets, cuir, casquettes à tête de mort et fellations de petits matins blêmes sur fond de céramique rouge sang et blanc poudre, mais pas sur le mode mineur-crade prévu, non plus que sur papier glacé snob ou distancié. A l'inverse, plus narquois qu'il ne fut et moins froid qu'il ne se montrera, Lou Reed se plaît à composer comme pour un vaudeville (ou un scénario pas grave de Woody Allen) une galerie de personnages en costumes, à la manière d'un auteur de théâtre qui se ferait le voyeur complice et fraternel des frasques de coulisses. Tout au bonheur relatif mais neuf de l'exercice, Lou crayonne une série de chansons pop si graciles que les arrangements du tandem Bowie-Ronson en sont finalement touchés, transformés. Classique instantané, le deuxième album en solo du créateur de "Heroin" sera le seul de toute sa longue carrière à percer la carapace d'obèse dédain que lui opposent obstinément ses compatriotes. Ici, on l'admire déguisé en tout, même en chevalier des Arts et Lettres sourcilleux : il était plus jouissif en farfadet rock, non ? Et "Walk On The Wild Side" n'ayant jamais eu besoin de Vanessa pour se faire donner une tête, garde sa place au paradis des têtes à claques.
FRANCOIS DUCRAY




Iggy & The Stooges
"RAW POWER"
COLUMBIA - 1973

Paris, février 1973. "Raw Power" est le disque du matin, celui dont on a besoin pour réveiller nos sens envapés après ces nuits de débauche où tout nous appartenait, sexe, drogues, rock. .. Il fallait Iggy pour donner cette adrénaline électrique qui nous faisait démarrer encore un jour de plus, bouger et agir. Alain nous récitait les paroles de "Search & Destroy" : "I’m the street walkin' cheetah with a heart full of napalm! I'm a runaway son of a nuclear A-Bomb." Cette férocité des guitares de James W, c'était le speedball de nos années punk. Le heavy metal ! L'incroyable voix de Jim Pop chantant "The most forgotten boy, the one who's searchin only to destroy", préfiguration visionnaire. Manifeste punk, le message était clair : "Love in a middle of a fire fight." Puis l'Iguane devient caméléon, transforme sa voix tel un Sinatra punk dans "Gimme Danger", version destructrice de l'amour outré, hymne à la soif du sexe. Celui que notre génération recherche dans les errances et vers les voix de la liberté. "There's nothing left for me but some ugly memories/ Kiss me like the ocean breeze." C'est aussi l'exhibition des sens, "Penetration" plus que tout. "I Feel Your Disease", chanson d'amour intemporelle. Le déchaînement des guitares rythmiques. Le solo de James w (l'arme secrète d'Iggy). "Your pretty face is going to hell." Souffrance, amour détruit, Iggy rejeté par une Joanna-bitch - "honey, it's a cryin' shame" - qu'il ne peut oublier. Puis vient "Raw Power". Le martèlement du piano (voir "I Wanna Be Your Dog") électrique, métallique, fracasse le rythme comme un automate désarticulé. James W, rapide, déjanté, imaginatif, écorche ses guitares crues et obscènes. Iggy tel un animal blessé aboie, crie, éructe. La voix devient un réel instrument. Rythmiques en collision des frères Asheton enragés, frustrés. "Don't you try to tell me what to dol Raw power he's got no place to go/ Raw power, honey, you don't want to know... " "I Need Somebody", Iggy dont la voix se travestit en Jim Morrison. "Shake Appeal", Iggy pris dans une jungle électrique attaque ce sex appeal par un rugissement digne de Johnny Weissmuller, version sauvage d'un sex machine urbain. "Death Trip", description apocalyptique de notre temps, basse vrombissante, énorme, guitare déchirante, coupante comme un ciseau d'acier. "We are going down into history."
MARC ZERMATI
Skydog International




David Bowie
"STATION TO STATION"
RCA - 1976

Vingt ans après, David Bowie se demande toujours comment il a pu enregistrer ce disque. A croire que la neige qu'on inhale conserve, finalement. La scène se passe en 1975, à Los Angeles, et l'homme qui vient tout juste de venir d'ailleurs -il a achevé le tournage de "The Man Who Fell To Earth" quelques semaines auparavant - est numéro 1 sur deux continents :aux USA où il réside, avec "Fame" son dernier simple, et en Europe avec une opiniâtre réédition de "Space Oddity".Mais pour des raisons diverses, son couple qui bat de l'aile, son management qui l'exaspère et son saladier de poudre blanche qui se vide à vue d'œil, Bowie n'en mène pas large. Lorsqu'il entre en septembre aux Cherokee Studios, c'est l'esprit comateux et le moral irradié. Tel un pharisien siphonné, il ânonne quelques directives à ses troupes (Alomar, Murray, Davies, Slick) et accueille, en remplacement d'un Mike Garson jeté à même le ballast, le pianiste Roy Bittan (E Street Band).En trois semaines, six chansons plus sombres que noires giclent de la console tenue, une fois encore, par Harry Maslin :"Station To Station"et sa lugubre litanie toutes stridences dehors, "Golden Years", une pièce montée discoïde destinée au départ à Elvis et refusée par le management du King, "Word On A Wing", en forme d'escapade walkerienne tétanisée, "TVC15" et sa télévision holographique, "Stay", la pantelante, et "Wild Is The Wind" en direct d'un sarcophage déjà en partance pour l'Europe. Car c'est bien cela qui fait toute la singularité de cet album de contrarié mais grandiloquent, où la basse slappée est monolithique, les riffs d'Alomar sont en pilotage automatique, les pièges tendus à l'humeur grise systématiques. Bowie sait qu'il s'en va, qu'il quitte Los Angeles pour ne pas y finir, que là-bas, au-delà du temps, près du mur blême encore stable, d'autres pages de son carnet de route sous des néons berlinois sont à écrire. Au-dessus de l'épaule de Ron Wood, compagnon d'infortune de cette saison blanche, dans le regard de Springsteen, désemparé en entendant la version philadelphique de "It's Hard To Be A Saint In The City" que, dans sa grande miséricorde, il consent à retirer du disque au dernier moment, David Bowie entr'aperçoit les lueurs orangées d'une autre empoignade avec son avenir où, tel un Mince Duc Blanc, il enverra des fléchettes dans les yeux des amants.
JEROME SOLIGNY




Iggy Pop
"THE IDIOT"
VIRGIN - 1977

En deux ans, durant lesquels le monde vibre pour "Hotel California" et autres scies de Journey, Eagles ou Boston, David Bowie enregistre six albums qui vont marquer les dix années à venir. Après "Young Americans" et "Station To Station "ouvrant la voie d'un néoromantisme electro-funk, il invente avec Eno la new wave : ambient et robotique avec "Low", héroïque avec "Heroes", mondialiste avec le panafricain "Lodger". En attendant, retranché sur un côté de la scène et vaguement hilare, Iggy Pop, le döppelganger suicidaire, l'Iguane psychotique, observe, admire et patiente. Bowie vient de le tirer de l'asile psychiatrique où il s'est vu trop souvent lui-même finir, après avoir halluciné des jours durant sur la présence d'extraterrestres et autres Bêtes de l'Apocalypse au bord de la piscine remplie de serpents de sa villa de Bel Air. Le salut mental du Britannique avide de sensations fortes et de l'ami américain passe par un retour aux sources européanistes en diable. Après le château d'Hérouville en France pour "Low" et "The Idiot", le duo s'exilera à Berlin pour "Heroes" et "Lust For Life". Contrairement à la légende, Bowie et Iggy travaillent autant à la musique qu'aux textes des chansons, montant en neige carbonique ce daguerréotype oral de l'ordinaire postindustriel, hurlant de toutes parts une urbanité suffocante. Les garçons de "Sister Midnight" revisitent Œdipe en cauchemar, rêvent d'orgies dans le laboratoire désuet de Dracula ("Funtime"), poursuivent les petites filles dans les rues de l'Allemagne de Weimar ("Baby"), tombent amoureux de "China Girl" et se rêvent en Marion Brando, avant d'être cernés par les cercles concentriques de la "Mass Production". Au passage, Iggy raconte son histoire ("Dum Dum Boys") avec la désinvolture d'une vieille trave piquée à la Javel, et le duo dépose un classique programmatique de l'ennui chic des années növo-diskö, l'extraordinaire "Nightclubbing", déroulant sa mélancolie désinvestie sur un riff de piano cabaret, tronçonné de décharges barbelées du guitariste Phil Palmer. Pour les stoogiens irréductibles horrifiés par ce modèle d'aboutissement esthétique, le duo offrira une suite plus rock'n'roll et autant indispensable, "Lust For Life", qu'ils réinventeront, l'Iguane au micro et le lettré aux claviers, tous les soirs d'une tournée américaine d'anthologie.
ERIC DAHAN




David Bowie
"LET'S DANCE"
EMI AMERICA - 1983

Bowie un jour déclara : "Je ne suis mon œuvre, je refuse d'être 'Let’sDance'." On le comprend. Après plus d'une décennie passée à inventer la musique de son époque, à anticiper nos moindres désirs mélodiques, systématiquement à l'avant-garde de la musique populaire, Bowie sembla, avec "Let's Dance", se trouver non plus en avance mais en parfaite adéquation avec son temps. Du même coup il remporta, finalement pour la première fois de sa carrière, un fracassant succès de masse, bien au-delà de son cercle habituel, réussissant à vendre 5 millions d'exemplaires de cet album brillant, chic et insouciant mais, en même temps, extrêmement policé et propre sur lui. En apparence presque anodin au regard des expérimentations musicales passées, "Let' s Dance" – enregistré en trois semaines à New York et ne comportant finalement pas grand-chose de nouveau, cinq originaux, deux reprises, "China Girl" et "Criminal World", et un "Cat People" déjà enregistré pour la bande-son du remake de "La Féline" par Paul Schrader- s'impose pourtant en maître étalon du son eighties, recopié par la suite à l'infini par des tâcherons type Duran Duran. Fini le nihilisme achevé de "Scary Monsters", trois ans après, voici Bowie rematérialisé humaniste, hétérosexuel et clean. Comprenant que nous entrons dans l'ère de la nostalgie, il se métamorphose "Wonder Boy", "Gatsby le Magnifique" retrouvant, avec l'aide de Nile Rodgers le guitariste fondateur de Chic, le son funky et cuivré des big bands éléphantesques des années 40-50. Pressentant le retour du blues, il embauche, immédiatement après l'avoir vu sur la scène de Montreux, le jeune Stevie Ray Vaughan, guitariste prodige qui truffe le disque de solo novo-blues du meilleur effet. Entrevoyant la seconde vague afro-beat style Mory Kanté, il s'offre "Ricochet" bien avant tout le monde. L'extraordinaire tournée rétrospective qui va suivre, le Serious Moonlight Tour prévu pour des Palais des Sports et fini en Hippodromes d'Auteuil, la présentation au festival de Cannes de deux films dont il est l'acteur vedette, "Furyo" et "Les Prédateurs" l'imposent enfin en mégastar indétrônable. Ses fantasmes de surhomme sont finalement réalisés. Il mettra des années à s'en remettre, comme coincé dans sa dernière peau et incapable d'aller voir ailleurs.
ALEXIS BERNIER




David Bowie
"THE NEXT DAY"
COLUMBIA - 2013

Un mur de guitares saturées roulant comme les vagues d'un tsunami, une voix qui hurle : "Me voilà/ Pas encore tout à fait mort"; le nouveau Bowie s'avance, rageur, flamboyant, taillé pour les stades où il ne se produira plus. Violence, fanatisme religieux, égomanie généralisée, obsession de la cosmétique, bêtise médiatique, amour et mort ; le tableau est chargé. Si l'œuvre de Bowie a toujours eu une tonalité postapocalyptique, "Le Jour d'Après", produit comme nombre de ses chefs-d'œuvre par Tony Visconti, peut aussi s'entendre comme celui de sa renaissance. A l'image du single "Where Are We Now", ballade évoquant le "Woman" de Lennon, la pochette de "The Next Day" est un leurre: le disque ne donne heureusement pas dans l'art conceptuel et relève comme toute l'œuvre de Bowie du romantisme comme volonté d'éclater les cadres et de projeter, sur la nature et le monde, ses tourments intérieurs. On y retrouve le batteur Zachary Alford, les bassistes Gail Ann Dorsey et Tony Levin, les guitaristes David Torn, Gerry Leonard et Earl Stick, et le saxophoniste baryton Steve Elson; David Bowie jouant principalement de la guitare ou du piano. Si l'on réduisait "The Next Day" à ses dix meilleurs titres, il tiendrait presque la comparaison avec "Aladdin Sane" ou "Scary Monsters" tant il brasse d'idées folles, coulées dans un moule rock. Batterie Motown ou Diddley beat ("Dancing Out In Space"), riffs entre Stones et Who ("Love Is Lost" et "You Will Set The World On Fire"), chœurs noirs et groove swamp ("Dirty Boys"), douceurs Kinks ("Valentine's Day") et psychédélie Beatles ("I’d Rather Be High"), glam T Rex ("How Does The Grass Grow"), funk urbain ("Boss Of Me") et majesté spectorienne ("You Will Feel So Lonely You Could Die"), c'est le parlait disque de samedi soir. Bien sûr, on entend également autre chose : des modulations sans accords de transition, des mètres inopinément raccourcis, des menaces de tueurs fous, des généraux nuls envoyant des soldats à la boucherie. Des hommages également. Au symboliste belge Georges Rodenbach ("Bruges-La-Morte") ou aux écrivains sudistes. A l'ami Lennon. A Kraftwerk. Et enfin à l'idole Scott Walker, avec cette histoire de fils à la fois "prophète" et "menteur", d'un "directeur de prison" qui répète : "Je ne sais pas qui je suis". Ce qui reste la meilleure raison de produire de l'art.
ERIC DAHAN


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lunamagic
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MessagePosté le: Lun 9 Fév - 13:49 (2015)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie Répondre en citant



LE MONDE
Mardi 10 février 2013






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tom


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MessagePosté le: Lun 9 Fév - 13:50 (2015)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie Répondre en citant

On assiste à la -tardive- reconnaissance de "Let's dance" après des années de mise au pilori. Ca fait plusieurs articles que je lis en ce sens.
Peut-être que le succès de la collaboration Daft Punk / Nile Rogers n'y est pas étranger.


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EYEIMAGINE


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MessagePosté le: Mar 10 Fév - 18:29 (2015)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie Répondre en citant


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zanedog


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MessagePosté le: Mer 11 Fév - 04:20 (2015)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie Répondre en citant

Bowie ayant été résident suisse quelques années, cela ne me surprend pas. Moins grave qu'un exilé fiscal.


Par contre, le rapport de Bowie à l'argent, aux affaires serait intéressant à analyser.


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lunamagic
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MessagePosté le: Mer 11 Fév - 10:01 (2015)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie Répondre en citant

Avec une boîte dans le Delaware pour gérer ses avoirs, ses conseillers sont doués pour l'optimisation fiscale !

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lunamagic
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MessagePosté le: Jeu 12 Fév - 22:48 (2015)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie Répondre en citant



GQ
# 85
Mars 2015










LES FACES B DE DAVID BOWIE
par Jacques Braunstein



www.gqmagazine.fr/






 


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zanedog


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MessagePosté le: Ven 13 Fév - 05:04 (2015)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie Répondre en citant

Vu le film Papa Maman....Modern Love en reprise et en version originale  2 fois dans le film et à chaque fois pour illustrer des disputes poursuites de couple...

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lunamagic
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MessagePosté le: Ven 13 Fév - 12:23 (2015)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie Répondre en citant



Steve Strange
  


Steve Strange death: Why David Bowie got back in touch with his old friend from Wales

10:29, 13 February 2015 ǀ By David Owens

His premature death has shocked fans, both celebrity and civilian. Back in 2013, Steve Strange spoke to Dave Owens about his rekindled friendship with David Bowie

When his passing was announced last night at the young age of 55, the world not only lost Steve Strange, but also a link to some of the most influential musicians in anyone's book.

In April 2013, the Newbridge-born New Romatic spoke to David Owens about his friendship with iconic musician and taste maker David Bowie.

This is a revisit of that interview.

Steve Strange is taking a step back in time...

And he has the Thin White Duke to thank for his amble down memory lane.

David Bowie’s first album in 10 years The Next Day has been met with universal plaudits from adoring fans and critics alike.

Similarly, David Bowie Is – a major retrospective of the music icon’s archive at the V&A museum in London – has garnered huge praise, with tickets sold out weeks in advance.

Performing at the opening night of the exhibition was the former king of ’80s clubland and one of music’s most singularly colourful characters – leader of New Romantic pioneers Visage.

The 53-year-old Welshman, who has experienced the highs and lows of rock ‘n’ roll, through success with the band who scored a worldwide hit with Fade To Grey, to the drug addiction that almost claimed his life – is making a comeback of his own with a new Visage album Hearts And Minds, their first for 29 years.



* Find out more about Steve Strange and Visage at: www.visage.cc

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MessagePosté le: Ven 13 Fév - 12:53 (2015)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie Répondre en citant





En mars David Bowie est dans Muziq ! spécial David Bowie 164 pages, 15,90 € en vente le 5 mars 2015.


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lunamagic
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MessagePosté le: Dim 15 Fév - 10:20 (2015)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie Répondre en citant



Mick Ronson interview ( rough edit) at the Hammersmith Odeon



Rough edit of Mick Ronson interview from a 1996 BBC documentary called
Hang On to Yourself - although this goes on a lot longer than the actual programme version.
Filmed at the Hammersmith Odeon.



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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:49 (2016)    Sujet du message: J'ai entendu un truc sur David Bowie

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